L’héraldique, une science prisée au Saint-Sépulcre de Jérusalem


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09 May
09May

Au fil des siècles, malgré les aléas des traversées de la Méditerranée et, comme disent les textes, la « rapacité » des Ottomans comme de leurs prédécesseurs en Palestine, d’inestimables présents envoyés d’Europe ont été offerts aux franciscains de la Custodie de Terre sainte, gardienne au nom de l’Eglise latine, des lieux saints et plus particulièrement de la basilique élevée sur le tombeau du Christ.

Vases sacrés, croix de procession, reliquaires, ornements liturgiques présentent fréquemment des armoiries se rattachant aux différents donateurs, permettant ainsi de les identifier lorsque leurs noms ne sont pas explicitement mentionnés dans les registres des Conduites, tenus par les frères, qui notaient très scrupuleusement les détails des envois arrivés au port de Jaffa puis transportés à dos de mulet jusqu’à la ville sainte.


Ill. Jean-Baptiste Oudry, huile sur toile, portrait de Henri-Camille de Beringhen, National Art Gallery, Washington DC

Jean-Baptiste Oudry, huile sur toile, portrait de Henri-Camille de Beringhen, National Art Gallery, Washington DC

 

A côté des fabuleux présents offerts par les souverains européens qui aiment à régner par le faste et l’éclat, des personnages de second plan cherchent également à rendre hommage au lieu le plus vénéré de la chrétienté. Une très belle chasuble au fond de velours rouge grenat, dont l’orfroi en forme de croix latine orne le dos, a longtemps intrigué les chercheurs. Réalisée en tapisserie soit en France soit en Flandres, cette croix dorsale mêlant fils de soie, d’or et de laine remonte aux années 1740. Son décor se compose en son centre d’un imposant pavot entouré de volutes et de fleurs qui se développent sur toute sa surface. Au bas du bras inférieur, figurent les armes du donateur en-dessous desquelles est suspendu le collier du Saint-Esprit. Ces dernières appartiennent à Henri-Camille de Beringhen (1693-1770), reçu chevalier du Saint-Esprit le 2 février 1731. Nommé premier écuyer du Roi dès 1724, Monsieur le Premier dirigeait la Petite Ecurie à Versailles avant d’être nommé gouverneur de Châlons-sur-Saône et lieutenant général du gouvernement de Bourgogne.



Sans cette double référence héraldique, l’identification du donateur aurait été impossible puisque l’arrivée de ce présent à Jérusalem n’est pas mentionnée dans les registre des Conduites dont la tenue a toujours été très rigoureuse. Il est sans doute permis de penser que ce présent est parvenu à destination par l’intermédiaire d’un autre donateur, peut-être avec l’ornement pontifical composé de 11 pièces, envoyé par Louis XV et mentionné dans ces mêmes registres en avril 1741.



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